Folklore et traditions

collegiale

Un tout petit tour d'horizon des différentes manifestations et curiosités folkloriques de Nivelles.
Venez voir par vous-même.
Nivelles vaut le détour.

Le surnom Aclot

Le mot "aclot" désigne les Nivellois nés intra muros sous certaines conditions liées au nombre de générations présentes au fil des siècles. Il ne signifie pas "enclos dans les murs" mais bien, après moultes explications souvent fantaisistes, "freluquet, personnage de peu de valeur...".

On se trouve en fait devant une évolution linguistique du terme "hakelot", dérivé du prénom Jean, ce qui permet d'accorder définitivement les diverses interprétations en alliant Jean de Nivelles, le jacquemart du carillon, au personnage frondeur de la chanson bien connue (air de "Cadet Rousselle).

Les quatre canons

Ils ont noms : Rif Tout Dju (qui tire droit devant, qui renverse tout), Broc-à-l'Aye (qui pénètre dans la haie), Inradjî (enragé) et Espontôle (l'épouvantable), ce dernier ayant connu un long séjour forcé à Marbais avant d'être restitué en 1926.

Restaurés à grands frais en 1976 et encore tout récemment, nos quatre compères marquent désormais de leur lourde présence la plupart des festivités typiquement nivelloises, dans le cloître le plus souvent.

De fait, Jules Freson écrit dans une "Chanson nivelloise sur le départ des canons" :

 

Riftoutdju et l'Enragi
Et l'Espontaul sont bagui...
...

Broc à l'Haye asté jalou ?
O parlera d'vous è tou...

Van der Meersch da dangi
Quel honneur pour l'Enragi ;
I n'front pu pif pouf al fiesse...
...

I f'zont pu d'bru quel tempette...

Le carnaval

Le carnaval est une composante incontournable du folklore nivellois.


Très ancien, avec des premières traces datant du début du 19ème siècle, réjouissance typiquement populaire, il rassemble un nombre appréciable de sociétés d'amusement, avant tout nivelloises (Dominos...), parmi lesquelles plusieurs sociétés de gilles qui n'ont pas grand-chose à envier à leurs collègues de Binche.

Le carnaval prend place aux alentours immédiats du 17 mars, date à laquelle on célèbre la Sainte-Gertrude. C'est aussi la venue du printemps, moment favorable pour intriguer, mais aussi pour exprimer sa joie de (re)vivre.
Les Nivellois s'y entendent, en tout cas, et c'est à la lumière des flammes (brûlage des bosses) que, le mardi, tout le monde se congratule et se donne rendez-vous à l'année prochaine.

Les cloches - le carillon

Nivelles est aussi une ville de cloches. N'y voyez pas malice cependant : une collégiale silencieuse, cela ne se conçoit pas et il fallut, à diverses époques, toute la ténacité des Nivellois pour parvenir à assurer une présence presque continue de cloches dans la tour centrale.

Notons qu'en 1642, les frères Tordeur, Nivellois bon teint, fournissent 22 nouvelles cloches, au poids total de 23748 livres. Ne perdons pas de vue la présence d'une horloge animée par le jaquemart Jean, mais aussi d'un carillon doté d'un titulaire permanent.

Le terrible incendie de 1859 réussit cependant à faire taire tout ce petit monde, Jean y compris, à l'exception de quatre cloches de service, pendant 67 longues années.

Le 29 août 1926, jour mémorable entre tous, un carillon de 43 cloches et clochettes, 14 410 kilos en tout, est inauguré par le prince Léopold devant, dit-on, 50 000 personnes (!!)en pleine euphorie.

Les concerts se sont succédé, sous la houlette de Léon Henry, carillonneur en titre.

Patatras en mai 1940 : tout est à refaire, mais la plupart des cloches échapperont à la main-mise allemande pour être bien audibles le jour de la Libération.

Grâce aux dommages de guerre, la ville put remplacer les cloches rendues inutilisables par leur chute ainsi que le carillon.

Au total, 49 cloches, dont 47 dans le clocher, ont à nouveau fait vibrer le cœur des Nivellois en un jour ensoleillé d'octobre1980. Depuis lors, la tradition estivale des concerts de carillon a repris, attirant les amateurs du Nord de la France, d'Angleterre et même d'Allemagne ou de Hollande.

La tarte al Djote

La "tarte al djote" est cette très fameuse spécialité gastronomique qui a le don de réconcilier les Nivellois ... et les autres dès qu'on la présente à table.

En voici la recette, la vraie :


• se procurer environ 150 g de fromage de Nivelles (Bètchéye), sorte de fromage blanc gras, dont l'aspect doit impérativement être jaune avec des taches blanches
• y ajouter deux feuilles de bette de la grandeur d'une main d'adulte, mais en prélever les tiges
• saupoudrer d'une petite poignée de persil accompagnée d'un oignon haché menu, de la grosseur d'une noix
• répandre une bonne pincée de sel sans oublier deux bons tours de poivre au moulin
• important : 1 oeuf entier
• 40 à 50 g de beurre de ferme
• mélanger vigoureusement oeuf - fromage - sel - poivre - verdure et oignon haché
• incorporer le beurre fondu par moitié blond et brun
• ne pas craindre de saupoudrer le tout d'une demi-cuiller de farine, ce qui a le don d'empêcher le fromage de couler
• à part : préparer de la pâte levée sans sucre sur la base de 50 g de beurre + 1 jaune d'oeuf par tarte pour garnir une forme de 20 cm de diamètre au bord supérieur et pouvant aller au four
• bien appliquer la pâte avec les doigts sur la paroi de la forme, en fine épaisseur bien régulière
• y verser la préparation et cuire le tout pendant 15 à 20 minutes au four porté à 200º.

Il est à noter que la tarte al djote se confectionne et se déguste surtout à la bonne saison (du lundi de Pâques jusqu'au dimanche avant la Saint-Michel) et est remplacée, en d'autres temps, par la "double", superposition de deux crêpes de sarrasin enfermant une couche de bètchéye, que l'on pique avec du bon beurre de ferme pour déguster l'ensemble dès sa sortie du four.
Il existe bien sûr d'autres plats typiquement nivellois :

• le boeuf bouilli au chou
• mais surtout l' "oye", constitué de pieds de porc cuits à l'eau, découpés en petits morceaux pour en assurer le bon assaisonnement et la friture ; une saucisse fine de porc est cuite à part, la dernière composante étant une salade de petits pois bien relevée.
• Saucisse et légume sont alors répandus sur la viande de porc et le tout est laissé à mijoter, au feu doux, pendant quinze minutes au moins.
• sans oublier les "canestias", pâtisserie proposée lors de chaque joyeuse entrée d'abbesse ou de personnalités, mais elle sombre dans un oubli certain - Mauvaises dents s'abstenir !

Les géants

Les géants et leur ménagerie rentrent dans la catégorie des géants processionnels à figure humaine. Nivelles peut s'enorgueillir de posséder l'un des plus vieux bons géants puisque signalé dès 1367. Remisé à l'origine dans la collégiale elle-même, Goliath, devenu l'Argayon vers 1500, prit femme en 1645, l'heureuse élue héritant du nom d'Argayonne. La suite logique : un fils, Lolo (niais, simplet, enfantin), poupon affublé d'une tétine devenue légendaire.

Tous trois sont présents lors de la rentrée solennelle du Tour, ainsi qu'en témoigne un dessin d'époque, hors normes (50 x 250 cm), qui va subir une restauration complète, preuve de son importance aux yeux des Nivellois. Vient aussi la ménagerie, apparue probablement courant du 17ème siècle : le Dragon (1596), le Cheval-Godet (1637), l'Aigle (1637), le Lion (1640), la Licorne (1668) et le Chameau (1713).

Comme à Ath et dans d'autres villes, c'est un grand honneur que de porter l'un des géants ou l'un ou l'autre de ses accompagnants, et la relève est bien présente, même si la fonction a valu à ses détenteurs de découvrir Lille, Bruxelles, Birmingham (USA) et bien d'autres cités désireuses de les accueillir.


Le 21 mai 1950, première sortie de l'ensemble des trois géants suivis du seul Cheval-Godet, la seconde guerre mondiale ayant réduit leurs prédécesseurs en poussière.

Depuis 1982, le Syndicat d'Initiative a pris à coeur la remise en état de la ménagerie, tâche ardue car peu d'illustrations existent pour en assurer la restitution la plus exacte possible. Ce fut chose faite en 1984, au grand bonheur d'une ville qui fêtait alors la fin de la restauration de la collégiale, avec présence royale à la clé.

Jean de Nivelles

Beaucoup à dire à propos de ce personnage indissociable de l'image que l'on se fait des Nivellois.

Un mot tout d'abord du jacquemart (personnage avec marteau pour sonner les heures) : perché à la tourelle sud de la collégiale, petit guerrier de plus de 2 mètres de haut, vêtu de laiton doré, approchant les 350 kilos, Jean de Nivelles est simplement l'héritier des guetteurs et autres dispositifs pour donner l'heure et sa demie. Probablement créé vers l'an 1400, ayant connu divers bâtiments, à commencer par l'ancien hôtel de ville, il reçut son surnom probablement lors de son transfert définitif en haut de la collégiale, symbolisant l'homme à l'esprit frondeur, sobriquet convenant somme toute assez bien aux Nivellois.

Autre élément légendaire : au 15ème siècle vivait un seigneur français, Jean de Montmorency, seigneur de Nivelle (en France ?), lequel refusa de marcher contre le duc de Bourgogne, se dérobant à toute sollicitation, ce qui fit naître la locution bien populaire : il ressemble à ce chien de Jean de Nivelle qui s'enfuit quand on l'appelle... Une flopée de chansons sont issues de ce thème, mais la gloire en rejaillit au fil des siècles sur notre jacquemart, figeant la confusion entre les deux personnages, ce dont personne ne s'est jamais plaint.

Le tour Sainte-Gertrude

Ce pèlerinage traditionnel, basé sur le culte des reliques, devrait remonter au 13ème siècle, si pas avant, atteignant sa plus grande splendeur au 15ème siècle, époque à laquelle il devient prétexte à réjouissances diverses : feux, foires, tournois... Un décret de Joseph II puis la tourmente révolutionnaire vont le faire disparaître momentanément aux alentours de 1793.

Le rétablissement du Tour prendra place au début du 19ème siècle, mettant l'accent sur le religieux dans un premier temps. Il faudra attendre le 20ème siècle pour retrouver faste et ferveur des origines, mais aussi participation massive de tous et redonner à cet événement unique son vif éclat d'autrefois.

 

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